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Reconversion

Pourquoi j'ai quitté la finance pour vendre du logiciel que personne ne comprenait

J'ai quitté Rothschild & Co pour devenir Account Executive en tech. Découvre pourquoi j'ai fait ce choix, les doutes traversés et ce que ça m'a apporté.

NC
Nassim Charifi
Account Executive @ DocuSign, Dublin · · 11 min de lecture

Tu connais cette sensation ? Tu es dans un open space prestigieux, le logo de la boîte brille sur la façade, tes potes t’envient, tes parents sont fiers… et pourtant, chaque lundi matin, tu ressens un truc qui ressemble à du vide. Pas du malheur. Du vide.

C’est exactement ce que j’ai vécu pendant un an et demi chez Rothschild & Co, en M&A. Et c’est ce qui m’a poussé à tout quitter pour un monde dont je ne connaissais quasiment rien : la vente de logiciels.

Aujourd’hui, je suis Account Executive Commercial chez DocuSign à Dublin. Avant ça, j’étais Account Executive Mid-Market chez Ringover à Paris. Et entre les deux, il y a eu des mois de doutes, des dîners de famille compliqués, et pas mal de remises en question.

Si tu lis cet article, c’est probablement que toi aussi, tu te poses des questions. Alors laisse-moi te raconter exactement ce qui s’est passé, sans filtre.

L’image glamour de la finance (et ce qu’on ne te dit pas)

Quand tu dis “je travaille chez Rothschild & Co en M&A”, les gens te regardent différemment. C’est un fait. Le prestige est réel. Le salaire de départ est correct. L’apprentissage intellectuel est intense.

Et je ne vais pas cracher dans la soupe : j’ai appris des choses incroyables en finance. La rigueur analytique, la capacité à synthétiser des problèmes complexes, la gestion de la pression, le travail avec des dirigeants d’entreprise. Tout ça, c’est du solide.

Mais voilà ce qu’on ne te dit pas :

Le quotidien est répétitif plus vite que prévu

Au bout de quelques mois, tu réalises que tu fais tourner des modèles financiers, tu prépares des pitch books, tu gères de la documentation. C’est technique, c’est exigeant, mais l’impact direct que tu as sur les deals est souvent limité quand tu es junior.

Le rythme n’est pas “intense”, il est absurde

Je ne parle pas de bosser dur. Bosser dur, ça ne me dérange pas. Je parle de rester au bureau jusqu’à minuit pour changer la couleur d’un graphique dans un PowerPoint parce qu’un Managing Director a changé d’avis. Ce genre de nuit blanche n’a rien d’héroïque, c’est juste du temps gaspillé.

La méritocratie est un mythe (en partie)

En finance, ta progression dépend beaucoup de ton ancienneté et de ta capacité à “tenir”. Tu ne peux pas doubler tout le monde en étant meilleur. Le système est conçu pour te faire patienter.

Le déclic : quand j’ai compris que je ne voulais pas de la suite

Mon déclic n’a pas été un moment dramatique. Pas de claquage de porte, pas de crise existentielle un dimanche soir (quoique…).

C’est venu progressivement. J’ai commencé à regarder les gens au-dessus de moi, les VP, les Directors, et à me demander : “Est-ce que je veux leur vie dans 5 ans ?” La réponse était non.

Pas parce que leur vie était mauvaise. Mais parce qu’elle n’était pas alignée avec ce que je voulais : de l’autonomie, un impact mesurable, la possibilité de construire quelque chose de plus direct.

Et puis j’ai découvert la vente tech. Un peu par hasard, comme beaucoup. Un ami qui bossait dans une startup m’a parlé de son quotidien : prospection, démos, négociation, closing. Chaque jour différent. Des résultats visibles chaque semaine. Un variable qui récompense directement l’effort.

Ça m’a intrigué. Puis ça m’a obsédé.

Le saut : rejoindre Ringover comme Account Executive Mid-Market

Quitter Rothschild & Co pour Ringover, c’est un peu comme quitter un palace pour un food truck. Sur le papier, personne ne comprend. En réalité, c’est le meilleur choix que j’ai fait.

Le choc culturel

Premier jour chez Ringover à Paris. On me file un casque, un CRM, une liste de prospects. “Allez, on y va.” Pas trois mois de formation dans un amphi. Pas de présentation PowerPoint de 200 slides. Du concret, tout de suite.

En finance, tu passes des semaines à préparer un livrable que peut-être personne ne lira. En vente tech, tu décroches ton téléphone et tu as un retour immédiat : ça passe ou ça casse. Cette boucle de feedback ultra-courte, c’est addictif quand tu viens d’un monde où tout est lent.

Ce que j’ai dû réapprendre

Tout. Ou presque.

En finance, tu es formé à avoir raison. À construire des arguments blindés. À ne jamais montrer de faille.

En vente, tu dois écouter. Poser des questions. Accepter que le prospect a toujours raison (même quand il a tort). C’est un renversement complet de posture.

J’ai aussi dû apprendre le jargon tech. SaaS, ARR, churn, pipeline, MQL, SQL… Les premiers jours, j’avais l’impression que mes collègues parlaient une autre langue. Et quand un prospect me posait une question technique sur le produit, je transpirais littéralement.

Ce qui m’a sauvé

Deux choses : ma capacité de travail (merci la finance) et mon refus d’abandonner. J’ai passé des soirées entières à étudier le produit, à écouter des enregistrements d’appels de collègues seniors, à lire tout ce que je pouvais sur la méthodologie de vente.

Et petit à petit, les résultats sont venus. Mon premier deal signé. Puis le deuxième. Puis un mois où j’ai explosé mon quota. Ce sentiment-là, savoir que c’est TON travail qui a produit ce résultat, tu ne le trouves pas en finance junior.

L’évolution : DocuSign à Dublin

Après Ringover, l’opportunité DocuSign s’est présentée. Account Executive Commercial, à Dublin. Un rôle plus senior, une entreprise cotée en bourse, un marché international.

Pourquoi Dublin ?

La tech, c’est global. Et Dublin est un hub européen majeur. Salesforce, Google, HubSpot, LinkedIn… Les sièges européens sont là. Pour moi, c’était la suite logique : prendre une dimension internationale, travailler en anglais, évoluer dans un environnement plus compétitif.

Ce que DocuSign m’a appris

Chez DocuSign, la vente est plus structurée, les cycles de vente plus longs, les enjeux plus élevés. Tu ne vends plus à des PME, tu travailles avec des entreprises de taille significative, avec des comités de décision complexes.

C’est là que ma formation en finance a repris toute sa valeur. Comprendre un P&L, parler le langage d’un CFO, modéliser le ROI d’une solution : tout ça, c’est naturel quand tu as fait du M&A. Les skills se transfèrent, elles ne disparaissent pas.

Les moments difficiles (soyons honnêtes)

Je ne vais pas te vendre un conte de fées. La reconversion a ses galères.

Expliquer ton choix à ton entourage

“Tu quittes Rothschild pour faire du commercial ?!” Je l’ai entendu cent fois. Ma famille ne comprenait pas. Mes anciens collègues pensaient que j’avais pété un câble. En France, le mot “commercial” traîne encore une connotation négative. Les gens imaginent le vendeur de cuisines au téléphone. Pas l’AE qui gère un portefeuille à six ou sept chiffres.

L’incertitude financière

En finance, ton salaire fixe est confortable. En vente tech, une part significative de ta rémunération est variable. Les premiers mois, quand tu n’as pas encore de pipeline, c’est stressant. Tu dois accepter cette incertitude.

Le syndrome de l’imposteur

Tu débarques dans un monde nouveau. Tout le monde autour de toi semble connaître les outils, le jargon, les process. Toi, tu te sens comme un premier de la classe qui redouble. C’est normal. Ça passe. Mais il faut le traverser.

Repartir “de zéro” (en apparence)

Quand tu viens de la finance et que tu rejoins une équipe sales, tu n’as pas le titre ronflant. Tu n’as pas le réseau interne. Tu dois refaire tes preuves. C’est humiliant au début, mais c’est aussi libérateur : tu es jugé sur ce que tu fais, pas sur ta pedigree.

Ce que la finance m’a donné (et que je n’échangerais pour rien)

Attention : je ne regrette pas mon passage en finance. Il m’a donné des armes que la plupart des commerciaux n’ont pas.

  • La rigueur analytique : quand je prépare une proposition commerciale, je structure mon analyse comme un memo d’investissement. Ça impressionne les prospects.
  • La gestion de la pression : les deadlines en M&A sont brutales. À côté, la pression d’un quarter en sales est gérable.
  • Le langage business : je parle la même langue que les C-levels. ROI, TCO, payback period, ce n’est pas du jargon pour moi, c’est mon quotidien depuis le début.
  • L’endurance : tu veux savoir qui peut encaisser un mois à zéro deals ? Quelqu’un qui a survécu à des semaines de 80h sur un pitch book.

Ce qui a vraiment payé

Avec le recul, voici ce que cette reconversion m’a apporté :

L’autonomie

En vente tech, tu gères ton territoire, ton pipe, tes priorités. Personne ne te dit quand arriver ou quand partir. On te demande des résultats, point. Si tu es quelqu’un d’autonome, c’est le paradis.

La méritocratie (la vraie, cette fois)

Ici, si tu performes, tu progresses. Pas dans 5 ans quand une place se libère. Maintenant. Les meilleurs closers sont promus vite, obtiennent de meilleurs territoires, gagnent plus. C’est brutal mais juste.

L’international

Je vis à Dublin. Je travaille avec des clients dans toute l’Europe. J’ai des collègues de 30 nationalités. Tout ça n’aurait pas été possible si j’étais resté dans mon couloir parisien de la finance.

Le revenu

Soyons cash : un bon AE en tech gagne très bien sa vie. Le variable n’est pas un handicap, c’est un accélérateur. Quand tu dépasses ton quota, le variable peut représenter une part massive de ta rémunération totale. En finance junior, ton upside est limité. En sales, il est théoriquement illimité.

Pourquoi j’accompagne ceux qui veulent faire le même saut

Depuis ma reconversion, j’ai accompagné plus de 50 personnes en coaching individuel. Des profils venus de la finance, du conseil, du droit, de l’ingénierie, du marketing. Tous avec la même question : “Est-ce que c’est possible pour moi ?”

La réponse, dans 90 % des cas, est oui. Mais pas n’importe comment.

C’est pour ça que j’ai créé deux formats d’accompagnement :

  • Le Coaching Accélérateur : 4 sessions d’une heure, pour ceux qui savent déjà ce qu’ils veulent et ont besoin d’un plan d’action concret. 190 €. Découvre le Coaching Accélérateur
  • Le Bootcamp : 20 heures sur 4 samedis, en groupe de 15 maximum, pour ceux qui veulent une formation complète et intensive. 390 € (prix de lancement, normalement 590 €). Découvre le Bootcamp

Ce ne sont pas des formations théoriques. C’est du concret, basé sur ce que je fais au quotidien chez DocuSign et ce que j’ai appris chez Ringover avant. Du terrain, pas du PowerPoint.

Le mot de la fin

Si tu es en finance et que tu sens que quelque chose ne colle pas, écoute cette intuition. Ça ne veut pas dire que tu dois foncer demain. Mais ça veut dire que tu dois explorer.

La vente tech n’est pas pour tout le monde. C’est exigeant, c’est exposé, c’est parfois ingrat. Mais pour ceux qui aiment le challenge, l’autonomie et les résultats concrets, c’est l’un des meilleurs métiers du monde.

Et si tu as peur de “gâcher” ton parcours en finance, crois-moi, c’est exactement l’inverse. Tu vas le valoriser comme jamais.


FAQ

Est-ce que quitter la finance pour la vente tech, c’est un “downgrade” ?

Absolument pas. En termes de revenus, un bon AE en tech peut gagner autant, voire plus qu’un profil mid-level en finance. En termes d’épanouissement et d’autonomie, beaucoup trouvent que c’est un upgrade significatif. Le vrai downgrade, c’est rester dans un métier qui ne te correspond plus.

Faut-il des compétences techniques pour vendre du logiciel ?

Non. Tu n’as pas besoin de savoir coder. Tu dois comprendre ce que fait le produit et quel problème il résout pour le client. La connaissance technique vient avec le temps, et ton background analytique de la finance t’aide à apprendre vite. En quelques semaines, tu seras à l’aise.

Combien de temps faut-il pour réussir sa reconversion ?

La transition elle-même peut se faire en 2 à 3 mois si tu es bien accompagné et que tu t’y consacres sérieusement. Ensuite, il faut compter 3 à 6 mois pour être vraiment à l’aise dans ton nouveau rôle. Ce n’est pas instantané, mais c’est beaucoup plus rapide que ce que la plupart des gens imaginent.

Est-ce que mon réseau en finance sera perdu ?

Au contraire. Ton réseau en finance devient un avantage compétitif énorme. Beaucoup de solutions tech ciblent les services financiers. Avoir un carnet d’adresses dans ce secteur, parler le même langage, comprendre les contraintes réglementaires, tout ça fait de toi un AE différenciant.

Comment savoir si la vente tech est faite pour moi ?

Pose-toi ces questions : est-ce que j’aime convaincre ? Est-ce que je supporte le rejet ? Est-ce que je suis autonome ? Est-ce que je préfère les résultats concrets aux processus longs ? Si tu as répondu oui à au moins trois de ces questions, c’est un signal fort. Et si tu veux en parler, tu peux réserver un appel découverte gratuit de 15 minutes pour qu’on en discute ensemble.

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Nassim Charifi

Account Executive @ DocuSign, Dublin

Passé du M&A chez Rothschild & Co à Account Executive chez Ringover puis DocuSign à Dublin, Nassim partage son expérience et accompagne ceux qui veulent se lancer dans la vente tech.

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